Caporale (Ret’d) Georgia Morgan

Écoutez l’interview dans son intégralité ici :

Mon mari est en Allemagne et moi au Canada. J’ai dit : “Quelles sont les chances qu’on se retrouve sur le même continent ?” [Le conseiller d’orientation] m’a regardée et m’a répondu : “Si l’armée voulait que vous ayez un conjoint, on vous en aurait attribué un.”

La caporale (à la retraite) Georgia Morgan s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes à 18 ans, déterminée à poursuivre une carrière médicale qu’elle n’aurait pas pu se permettre autrement. C’était en 1978 et la guerre du Vietnam venait de prendre fin.

Au lycée, les conseillers d’orientation ne parlaient même pas aux élèves issus des quartiers défavorisés de la possibilité de poursuivre leurs études au-delà du lycée. Je me suis engagée pour les perspectives de carrière. C’était la seule façon dont je voyais de pouvoir quand même faire médecine.

Après sa formation de base à la BFC Cornwallis, elle a suivi une formation d’infirmière à la BFC Borden et au Centre médical de la Défense nationale à Ottawa. Elle a ensuite été sélectionnée pour le service de cardiologie de cet établissement — ce qui est rare pour une jeune recrue. Elle a ensuite servi à la BFC Wainwright.

En tant que femme dans l’armée des années 1970, elle a dû faire face à des obstacles. Après avoir épousé son collègue infirmier Dick Morgan, elle n’a trouvé que peu de soutien de la part de l’armée pour obtenir un poste qui lui permettrait de le rejoindre en Allemagne. Estimant qu’on ne lui avait laissé aucun choix, Mme Morgan a endossé le rôle d’épouse de militaire dans l’Europe de la Guerre froide. Sa formation militaire antérieure s’est avérée précieuse : elle a travaillé dans l’administration médicale civile à Lahr et a élevé deux enfants au milieu des tensions internationales et des exercices d’évacuation.

Nous étions là-bas quand Tchernobyl a explosé. Mon mari était en exercice dans le nord de l’Allemagne, et on leur a fait passer des contrôles de radiation… et on nous a dit, à Lahr, que si nos enfants jouaient dehors, nous devions nous assurer qu’ils prennent une douche.

Après 22 ans de service, Dick et Georgia se sont installés à Regina. Dick est décédé depuis, mais Georgia reste très active : elle est membre active de la Légion locale et fait du bénévolat pour la Croix-Rouge canadienne, intervenant partout au pays en cas de catastrophe.

Je m’intègre parfaitement à la Croix-Rouge… l’armée vous forme à faire face à tout ce qui se passe sur le moment. À ne pas paniquer. À rester calme. À apprendre à fonctionner dans le changement.